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Namur, Parlement de Wallonie, le 3 mars 2018

Le 20 janvier 2018, lors de l’émission RTBF radio Le Grand Oral, Béatrice Delvaux et Jean-Pierre Jacquemin interrogeaient le directeur de la Fondation pour les Générations futures, Benoît Derenne, concernant la conférence-consensus portant sur certaines questions du Pacte d’excellence de la Communauté française. Évoquant les exercices délibératifs citoyens comme celui qu’entame le Parlement de Wallonie le 3 mars 2018 [1], les deux journalistes parlaient d’une forme de récupération, de naïveté, ou même d’un alibi du politique.

Ma conviction est radicalement différente. Je pense, tout au contraire de ces commentateurs, que la redéfinition d’une relation fondamentale de confiance entre les élus, organisés en assemblée, et les citoyens invités à y siéger en parallèle, est non seulement nécessaire, mais aussi qu’elle est salutaire et qu’elle demande des efforts considérables.

La redéfinition d’une relation fondamentale de confiance entre les élus et les citoyens

Elle est nécessaire, car cette confiance est rompue. Elle s’est délitée progressivement avec l’ensemble des institutions au fur et à mesure que le citoyen s’éduquait, se formait, comprenait mieux l’environnement politique, économique et social dans lequel il évolue. La démocratisation des études, la radio et la télévision, l’internet, les réseaux sociaux, sont autant de vecteurs qui, dans les cinquante dernières années ont progressivement encapacité de plus en plus de citoyens, leur ont permis de mieux comprendre le monde, ses acteurs et ses facteurs, et par là, d’exiger des institutions une ouverture, un dialogue, une éthique de nature nouvelle. Depuis les années 1970, toutes les institutions ont été mises en cause profondément, parfois violemment, parce qu’elles n’avaient pas pu évoluer : l’école, la gendarmerie, la justice, les médias, l’administration, les institutions politiques, de la monarchie à la commune, en passant par tous les gouvernements et tous les parlements. L’Europe et le monde n’ont d’ailleurs pas échappé à cette évolution et tentent d’ailleurs de réagir fortement par des initiatives nouvelles comme l’European Policy Lab, les travaux sur l’avenir du Gouvernement (The Future of Government) ou le Partenariat pour une Gouvernement ouvert qui regroupe désormais plus de 70 pays [2]. Dès lors, je pense que la rupture de cette confiance représente à terme un danger de mort pour notre démocratie, car les citoyens cessent d’y investir. Et, comme le craignait Raymond Aron : lorsque manquent la discipline et la sagesse des citoyens, les démocraties sauvent peut-être la douceur de vivre, mais elles cessent de garantir le destin de la patrie [3].

Elle est salutaire, car cette confiance peut être renouée. Dans leur très grande majorité, les citoyennes et les citoyens ne sont pas des anarchistes. Ils ne veulent pas vivre sans État, sans institutions, sans règles. Ce sont des pragmatiques qui recherchent du sens dans le monde et ses composantes pour pouvoir s’y inscrire pleinement en articulant des aspirations collectives, sociétales, et des désirs personnels, des besoins familiaux. Depuis les années 1980, les institutions et les politiques ont tenté de répondre à leur mise en cause. À chaque « affaire » qui s’est déclenchée, à chaque mise en cause fondamentale, a répondu un effort d’objectivation, de compréhension et de remédiation. Et les Parlements ont été en première ligne, avec d’abord les commissions d’enquête (Heysel, Jos Wyninckx, Brabant wallon, Cools, Dutroux, Publifin, etc.), des recommandations et leur mise en œuvre législatives (loi Luc D’Hoore sur le financement des partis politiques, etc.) ou exécutives (suppression de la gendarmerie, procédures Franchimont, etc.) [4].

Le rétablissement de cette confiance demande des efforts considérables de recherche, d’expérimentation, de stabilisation. Je peux témoigner de cette préoccupation pour les institutions wallonnes pour avoir eu l’occasion de m’en soucier dans la durée, déjà avec Guy Spitaels, lorsqu’il présidait le Parlement de Wallonie de 1995 à 1997, ensuite avec Robert Collignon (2000-2004), Emily Hoyos (2009-2012), Patrick Dupriez (2012-2014) et aujourd’hui avec André Antoine et le Bureau du Parlement, pour qui nous avons suivi les travaux de la Commission de rénovation démocratique en 2014 et 2015, avant de réaliser, avec le politologue Christian de Visscher, le rapport qui a servi de base au colloque du 17 novembre 2015 sur Les ressorts d’une démocratie wallonne renouvelée, dans le cadre du 35e anniversaire des lois d’août 1980 et du 20e anniversaire de l’élection directe et séparée des parlementaires wallons [5]. Pour ce qui nous concerne, le passage à l’acte de ces réflexions a été l’organisation du panel citoyen sur les enjeux de la gestion du vieillissement, suivant une méthodologie que nous avions déjà inaugurée en Wallonie en 1994 avec Pascale Van Doren et Marie-Anne Delahaut, et l’appui des professeurs Michel Quévit et Gilbert de Landsheere [6].

Ainsi, la question elle-même de la participation des citoyens n’est-elle pas neuve au Parlement de Wallonie. Lors de sa séance du 16 juin 1976 déjà, le Conseil régional wallon adopta une résolution en référence à une proposition du sénateur Jacques Cerf, un élu Rassemblement wallon de Lehal-Trahegnies, dans la circonscription de Charleroi-Thuin, qui fut vice-président de l’Assemblée, – le Conseil régional était alors uniquement composé de sénateurs – portant sur la création de commissions permanentes de participation dans les communes et l’obligation d’informer les citoyens sur la gestion communale [7].

S’il n’est pas nouveau ni limité au niveau régional, cet enjeu de relations avec les citoyennes et citoyens n’est pas non plus propre à la Wallonie ni à la Belgique. L’absence de consultation des citoyens entre les élections est une des critiques majeures adressées aux institutions avec l’insuffisance du contrôle parlementaire sur les décisions politiques monopolisées par le pouvoir exécutif, pour citer Luc Rouban, directeur de recherche au CNRS, évoquant la situation française et s’interrogeant pour savoir si la démocratie représentative est en crise [8].

Et c’est ici que nous répondons à tous les sceptiques, parmi les journalistes, chroniqueurs ou même les élues et les élus qui n’ont pas toujours pris conscience de la nécessité d’une refondation démocratique, qui puisse à la fois répondre à un besoin de démocratie approfondie, et infléchir ou même renouveler les politiques collectives entre les échéances électorales. Il s’agit bien là d’instaurer une démocratie permanente, continue, horizontale, ou même une démocratie intelligente, pour reprendre la belle formule de mon regretté ami l’Ambassadeur Kimon Valaskakis, ancien président du Club d’Athènes, qui était venu, en 2010, faire une belle conférence pour le Parlement de Wallonie. Une démocratie, qui, comme le dit également Luc Rouban, ressemble davantage au profil citoyen, qui soit moins oligarchique, c’est-à-dire qui échappe à l’accaparement du pouvoir politique par une minorité qui défende ou cherche à satisfaire des intérêts privatifs (prend des distances avec la professionnalisation de la vie politique, échappe aux conflits d’intérêts, à la corruption, à la soumission aux groupes de pression, à l’influence parfois étouffante des Cabinets ministériels, etc.) [9]. Une démocratie également qui s’inscrive dans l’imputabilité, le rendre compte au contribuable, qui désacralise le politique – le pouvoir politique a désormais perdu toute transcendance, rappelait le sociologue Patrice Duran [10] -, tout en respectant l’élu pour son implication et la qualité de son travail au service de la collectivité, du bien commun, de l’intérêt général.

Si nous voulons résoudre les problèmes, il nous faut les maîtriser

Mais ce travail de refondation est extrêmement difficile et délicat. Il implique de ne pas mettre en cause un des fondements de la démocratie représentative, qui est la légitimité démocratique de l’élu. De même, il nécessite de renforcer la capacité des citoyens à dialoguer et à identifier les enjeux pour les prendre en charge non pas en fonction de leurs seuls intérêts, mais, eux aussi, de se placer au niveau collectif pour proposer des politiques communes, collectives, notamment publiques. J’insiste sur cette distinction, car, contrairement à ce que soutenait dernièrement un ministre communautaire, toutes les politiques publiques ne sont pas collectives. Une politique collective peut et devrait même, dans une logique de gouvernance par les acteurs, impliquer des moyens privés, associatifs et/ou citoyens. Reconnaissons que c’est rarement le cas.

Ainsi, prenons bien conscience que, pas plus que l’élu, le citoyen ne peut s’improviser gestionnaire public du jour au lendemain. Comme le souligne encore Luc Rouban dans son rapport publié à la Documentation française, la fragmentation de l’espace public et la complexité des procédures de décision ont rendu la démocratie incompréhensible à un nombre croissant de citoyens. L’ingénierie institutionnelle ne pourra pas résoudre ce problème qui appelle en revanche une véritable formation civique [11].

De même, la tâche difficile qui consiste à énoncer des politiques publiques ne s’improvise pas. La mise en forme de cet énoncé, que le politologue Philippe Zittoun désigne comme l’ensemble des discours, idées, analyses, catégories qui se stabilise autour d’une politique publique particulière et qui lui donne du sens, est ardue. En effet le travail de proposition d’action publique s’appuie sur un double processus : à la fois de greffe de cette proposition à un problème qu’elle permet de résoudre et de relation à une politique publique qu’elle voudrait transformer [12]. Tant le problème, que sa solution potentielle, que la politique publique à modifier doivent être connus et appropriés.

Les termes d’une équation comme celle-là doivent nous inviter à la modestie, sans jamais, toutefois, renoncer à cette ambition. Personne ne s’étonnera qu’ici je rappelle que, dans son souci de favoriser la bonne gouvernance démocratique, l’Institut Destrée, que j’ai l’honneur de piloter, définit la citoyenneté comme intelligence, émancipation personnelle et responsabilité à l’égard de la collectivité. De même, ce think tank inscrit-il parmi ses trois objectifs fondamentaux la compréhension critique par les citoyens des enjeux et des finalités de la société, du local au global, ainsi que la définition des axes stratégiques pour y répondre [13]. Dit plus simplement : si nous voulons résoudre les problèmes, il nous faut les maîtriser.

Investir dans les jeunes en matière d’emploi, de formation, de mobilité, de logement, de capacité internationale, en étant attentif au développement durable

La jeunesse n’est pas un âge de la vie, répétait le Général Douglas MacArthur, c’est un état d’esprit. Propos d’un homme de soixante ans, certes, et que je reprends volontiers à ma charge. Historiens, sociologues, psychologues et statisticiens se sont affrontés sans merci sur une définition de la jeunesse, qui est évidemment très relative selon l’époque de l’histoire, la civilisation, le sexe, etc. Parmi une multitude d’approches, on peut, avec Gérard Maurer, cumuler deux regards : le premier consiste à collecter les événements biographiques qui, comme autant de repères, marquent la sortie de l’enfance puis l’entrée dans l’âge adulte : décohabitation, sortie du système scolaire, accès à un emploi stable, formation d’un couple stable, sanctionné par le mariage ou non. La seconde approche, qui peut inclure la première, consiste à prendre en compte les processus temporels qui mènent de l’école à la vie professionnelle, de la famille d’origine à la famille conjugale, donc un double processus d’accès au marché du travail et au marché matrimonial, qui se clôture avec la stabilisation d’une position professionnelle et matrimoniale, pour parler comme le sociologue, mais en vous épargnant toutes les précautions d’usage [14]. De son côté, le professeur Jean-François Guillaume de l’Université de Liège, membre du Comité scientifique mis en place par le Parlement de Wallonie, intègre dans sa définition une dimension de volontarisme qui ne saurait déplaire au prospectiviste : la jeunesse contemporaine est généralement comprise comme une période où se profilent et se préparent les engagements de la vie adulte. Âge où les rêves peuvent s’exprimer et les projets prendre forme. Âge aussi où il faut faire des choix. Celui d’une formation ouverte sur l’insertion professionnelle n’est pas le moindre, car d’elle dépendent souvent encore l’indépendance résidentielle et l’engagement dans une relation conjugale [15].

À noter que, conscients de toutes ces difficultés de définition, et dans un souci de simplicité et devant la nécessité de définir le sujet tant pour l’approche statistique que pour l’analyse audiovisuelle qualitative, nous avons, avec le Parlement, décidé de cibler la tranche d’âge 18-29 ans, correspondant à la définition de l’INSEE, en l’arrondissant à 30 ans et en nous permettant de la souplesse dans l’application.

Chacun mesure dès lors la difficulté d’appréhender sur un sujet instable, en quelques jours, autant de problématiques aussi complexes (tissées ensemble dirait mon collègue Fabien Moustard, avec Edgar Morin) que l’emploi, la formation, la mobilité, le logement, la capacité internationale, en y intégrant l’angle du développement durable. C’est pourquoi, fort de l’expérience du panel citoyen sur la gestion du vieillissement, qui avait été amené à consacrer beaucoup de temps à formuler, puis à hiérarchiser les enjeux de long terme, nous avons souhaité préparer le processus de travail du panel citoyen Jeunes lors d’un séminaire dédié (Wallonia Policy Lab) qui s’est tenu le 3 février dernier autour d’une douzaine de jeunes volontaires. Sur base d’une mise en commun d’expériences personnelles, trois enjeux y ont été identifiés qui pourraient être plus particulièrement ciblés.

  1. Comment les acteurs, tant publics que privés, peuvent-ils mieux prendre en compte les besoins sociétaux émergents ?
  2. Comment remédier aux risques de précarisation et de dépendance des jeunes entre la sortie de l’enseignement obligatoire jusqu’au premier emploi soutenable ?
  3. Quelles sont les normes anciennes qui mériteraient d’être adaptées à nos façons de vivre actuelles, pour mieux répondre aux aspirations collectives et individuelles et ouvrir les nouvelles générations au monde ?

Ces enjeux constituent les portes d’entrée et la toile de fond pour aborder la problématique du panel. Celui-ci restera évidemment libre de se saisir ou non de la totalité ou d’une partie de ces questions.

Seule la contradiction permet de progresser

Ces enjeux systémiques sont des pistes à se réapproprier. Ou non, le panel restant souverain pour ces tâches. Il travaillera – c’est essentiel – comme a pu le faire celui de 2017 avec quatre principes de fonctionnement essentiels : (1) la courtoisie, pour cultiver la qualité d’une relation faite de bonne volonté constructive, d’écoute, d’empathie, de bienveillance, de dialogue respectueux des autres, d’élégance, d’amabilité et de politesse, (2) la robustesse, fondée sur l’ambition, la franchise, l’expérience davantage que l’idéologie, sur le pragmatisme, la solidité documentaire, la qualité du raisonnement, l’honnêteté, (3) l’efficacité par des interventions brèves, économes du temps et du stress de chacun, orientées vers le résultat, évitant la moralisation, enfin (4) la loyauté, le respect de l’engagement d’aboutir pris envers le Parlement et soucieux de la responsabilité qui nous est collective de porter l’expérience au bout de ses limites.

Comme nous l’avons dit lors du Policy Lab, en citant Jacques Ellul, il faut arriver à accepter que seule la contradiction permet de progresser. (…) La contradiction est la condition d’une communication [16].

L’essentiel, le fondement de l’intelligence collective est sans nul doute le fait de passer d’opinions personnelles largement fondées sur des représentations à une pensée commune coconstruite sur la connaissance des réalités. C’est à cette tâche que nous devons ensemble nous atteler pour chacun des problèmes envisagés.

En tout cas, pour tous ceux qui pensent qu’il vaut mieux réfléchir collectivement pour avancer ensemble.

 

Philippe Destatte

@PhD2050

[1] Ce papier constitue la mise au net de l’intervention que j’ai faite lors de la séance de lancement du Panel citoyen « Jeunes » au Parlement de Wallonie, le 3 mars 2018.

[2] Voir Philippe DESTATTE, Qu’est-ce qu’un gouvernement ouvert ?, Blog PhD2050, Reims, 7 novembre 2017, https://phd2050.org/2017/11/09/opengov-fr/

[3] Raymond ARON, Face aux tyrannies, Juin 1941, dans R. ARON, Croire en la démocratie (1933-1944), p. 132, Paris, Fayard, 2017.

[4] voir Marnix BEYEN et Philippe DESTATTE, Nouvelle Histoire de Belgique, 1970-nos jours, Un autre pays, p. 67-117, Bruxelles, Le Cri, 2008.

[5] Philippe DESTATTE, Marie DEWEZ et Christian de VISSCHER, Les ressorts d’une démocratie renouvelée, Du Mouvement wallon à la Wallonie en Mouvement, Rapport au Parlement wallon, 12 novembre 2015.

https://www.parlement-wallonie.be/media/doc/pdf/colloques/17112015/ch-de-visscher_ph-destatte_m-dewez_democratie_wallonne_2015-11-12.pdf

[6] La Wallonie au Futur, Le Défi de l’Education, Conférence-consensus, Charleroi, Institut Destrée, 1995.

[7] Jacques BRASSINNE, Le Conseil régional wallon, 1974-1977, p. 103, Namur, Institut Destrée, 2007.

[8] Luc ROUBAN, La démocratie représentative est-elle en crise ?, p. 7-8, Paris, La Documentation française, 2018.

[9] Ibidem, p. 10-11.

[10] Patrice DURAN, Penser l’action publique, p. 97, Paris, LGDJ, 2010.

[11] Luc ROUBAN, op. cit., p. 187.

[12] Philippe ZITTOUN, La fabrique politique des politiques publiques, p. 20, Paris, Presses de Sciences Po, 2013.

[13] Les Assemblées générales du 2 octobre 2004 et du 21 juin 2012 ont approuvé le projet de Charte de l’Institut Destrée, qui constitue l’article 17 des statuts de l’asbl : ww.institut-destree.org/Statuts_et_Charte

[14] Gérard MAURER, Ages et générations, p. 77sv, Paris, La Découvertes, 2015.

[15] Jean-François GUILLAUME, Histoire de jeunes, Des identités en construction, p. 8, Paris, L’Harmattan, 1998.

[16] Jacques ELLUL, La raison d’être, Méditation sur l’Ecclésiaste, Paris, Seuil, 1987.

Châtelet, 30 novembre 2016

1. Une pensée prospective pour une définition éclairante du terrorisme

Mon approche principale du terrorisme sera guidée par la démarche prospective [1]. Elle se fonde sur une demande de services spécialisés de me voir, après quelques décennies, réinvestir cette question à la suite aux attentats dont la France a été l’objet début 2015. Cette première sollicitation a été suivie d’autres, tant sur le plan de la recherche que sur celui de l’enseignement, ou de l’éducation permanente. Les considérations qui suivent ont été nourries par les riches échanges que j’ai eus à ce sujet en 2015 et 2016 à Bruxelles, à Paris, à Washington, à Mons, à Namur, à Châtelet.

1.1. Le chemin de Damas

Abordant à nouveau la problématique du terrorisme telle qu’elle a été réactualisée par les actions de Daesh, j’ai deux préoccupations initiales. La première consiste à dire que, naturellement, la question est complexe, plus complexe qu’on ne le pense généralement, notamment par le fait que le problème est loin d’être un enjeu lié à quelques pays arabes et à la religion musulmane. Si je pensais que c’était le cas, je devrais me taire tout de suite. En effet, pour avoir étudié, comme historien, le terrorisme russe en Europe avant la Révolution d’octobre, je sais trop bien que, sans avoir une connaissance fine de la langue et de la culture, on ne peut pénétrer ni dans les pensées, ni dans les réseaux, même a posteriori. Cette complexité doit être actée ; c’est pour cette raison que je nomme mon premier chapitre « le chemin de Damas », en référence au premier plaidoyer de l’apôtre Paul de Tarse. Comme l’ancien chasseur de primes pourfendeur de chrétiens, nous sommes aveuglés par les lumières de l’évidence et nous devons faire, avec beaucoup d’humilité, la quête de la vérité si nous voulons recouvrer une vision claire. C’est évidemment le lot quotidien des chercheurs et, en particulier, des prospectivistes. Cette idée a été magnifiquement rendue par Michel-Ange au XVIème siècle sur une fresque de la Chapelle Pauline à Rome et, plus près de chez moi, au XVIIème siècle, à la Cathédrale Saint-Paul de Liège, par une peinture de Bertholet Flemalle. Le Nouveau Testament résonne d’ailleurs dans le présent puisqu’il fait dire par la divinité : va à Damas, et là, on te dira ce que tu as à faire. Ne doutons pas que les interprétations contemporaines sont multiples…

Ma deuxième préoccupation initiale consiste à rappeler que le terrorisme n’échappe pas non plus aux temporalités, c’est-à-dire aux relations complexes que le présent entretient tant avec les passés qu’avec les futurs. Les citoyennes et les citoyens se laissent impressionner régulièrement, comme par autant de nouveautés, par des événements que les médias leur présentent comme exceptionnels, uniques ou jamais vus. Nous savons pourtant que ces événements se sont déjà produits, sous cette forme ou sous une autre, à plusieurs reprises, et qu’ils constituent même des éléments d’une tendance longue ou d’une évolution déjà identifiée. Ainsi, l’explosion accidentelle d’une bombe en face du Château de Villegas à Ganshoren-Bruxelles, le 23 février 1883 à 15 heures 30, tuant son porteur, permit à la Sûreté publique belge de partiellement découvrir le réseau des Narodovoletzi – ceux qui portent la volonté du peuple – d’Odessa. Elle permit aussi à l’historien qui reconstitua le réseau de comprendre à la fois comment il fonctionnait, et quelle était la motivation de ses membres, d’analyser le regard que les services contre-terroristes en avaient, comment ils coopéraient ou ne coopéraient pas, etc. Cette analyse était donc bien utile pour comprendre, et surtout pour essayer d’expliquer ce qui se passe aujourd’hui, autant que ce qui pourrait arriver demain [2].

La temporalité s’articule sur la rétrospective, voire – nous le verrons plus loin – sur la rétroprospective. La rétrospective fonde l’historicité, ce lien toujours subjectif, ou même intersubjectif, comme dirait Edgar Morin, que nous avons avec le passé. Sans cesse en effet, loin de le considérer comme donné, nous y retournons pour y rechercher nos questions du présent et surtout de l’avenir. N’est-ce pas aussi pour cela que Benedetto Croce disait que toute histoire est contemporaine ?

Mon intention n’est pas de faire l’histoire du terrorisme, ni même du terrorisme européen, mais il est assurément utile d’avoir à l’esprit quelques-unes des formes qu’il a pu prendre dans l’histoire – envers laquelle on ne pourra plus rien – pour en tirer quelques enseignements conceptuels, voire stratégiques, qui nous seront nécessaires pour aborder l’avenir.

D’emblée, la temporalité semble se mêler à l’intemporalité. Le roman de l’écrivain slovène Vladimir Bartol (Trieste, 1903 – Ljubljana, 1967), Alamut (1938), mondialement connu, peut constituer l’une des clefs de la compréhension du phénomène du terrorisme. D’une part, il s’inspire de la secte des Ismaéliens et analyse la dérive psychologique des jeunes combattants voués au culte de Mahomet et éduqués dans la fascination du devoir et de la mort, leur permettant d’accéder au paradis. D’autre part, Alamut a inspiré le jeu vidéo Assassin’s Creed, développé par Ubisoft Montreal pour PlayStation3 et Xbox 360 en 2007 et sur PC dès l’année suivante. Plus de 100 millions d’exemplaires des différents épisodes ont été vendus dans le monde [3]. Son influence a donc été plus grande que celle d’un article publié dans The Economist. Le film du réalisateur australien Justin Kurzel qui sortira fin 2016 devrait encore renforcer cette mythologie messianique dont on connaît les formules et principes : je partage l’humanité en deux catégories fondamentalement différentes : une poignée de gens qui savent ce qu’il en est des réalités et l’énorme majorité qui ne sait pas. Ou encore : rien n’est vrai, tout est permis [4]. Si les chercheurs sont conscients de l’importance de la représentation que l’on se fait du monde dans la motivation de l’action humaine, individuelle ou collective, il faut reconnaître que les aller-retour, voire les confusions contemporaines, entre le monde réel et le monde virtuel ajoutent à la complexité d’une problématique comme celle du terrorisme.

Dreamstime – Motortion

Loin de ne faire l’objet que de la panoplie des sectes, des sociétés secrètes ou des mouvements de résistance, l’usage de la terreur est inhérent à la violence et à la guerre. Dans ses Commentaires sur la Guerre des Gaules, Jules César raconte comment la fulgurance de ses attaques – mais aussi leur brutalité – retenait dans le devoir les peuples amis et ramenait par la terreur ceux qui hésitaient à accepter la paix [5]. Ceux qui font de l’étymologie et de la linguistique comparée savent que les déclinaisons sémantiques des mots latins terror et terrere parcourent les siècles, bien avant d’ailleurs l’avènement de la Terreur instaurée par l’Assemblée nationale française, le 5 septembre 1793. On sait la terreur que nous ont inspirée les peuples des steppes, le Hun Attila, au Vème siècle, le Mongol Gengis Khan, au XIIIème, Tamerlan au XIVème siècle. Ce dernier est connu pour avoir terrorisé les villes et nations ennemies en construisant des pyramides de têtes coupées, comme à Ispahan en 1387. Mais ne pensons pas que l’enfer ce sont les autres. Un des grands capitaines, parfois dit wallon, Jean t’Serclaes, comte de Tilly, commandait l’armée de la Ligue catholique pour Maximilien de Bavière [6]. Lorsqu’il affronta l’Union évangélique protestante durant la Guerre de Trente Ans, il s’empara, le 25 mai 1631, de la ville allemande de Magdebourg et permit le massacre de 25.000 personnes ainsi que de nombreux autres sévices à la population afin de s’assurer de la reddition des villes voisines. Le Marquis de Sourdis, au service de Richelieu, fit de même à Châtillon-sur- Saône quatre ans plus tard. De nombreuses villes belges subissent des logiques semblables pendant l’invasion allemande lors de la Grande Guerre, comme Dinant, sur la Meuse, le 23 août 1914 (605 morts). Le massacre de Nankin, fin 1937 – début 1938, provoque probablement près de 250.000 morts. Il constitue certainement l’apogée de ce type de terrorisme. Mais les guerres sont parfois civiles et, en période révolutionnaire – ou non -, elles peuvent elles-mêmes instaurer la terreur sur leur propre population, comme nous l’avons déjà évoqué pour la Révolution française. C’est alors la légitimité qui est générée pour les citoyens de massacrer les ennemis de la République, comme on l’a connu, pour ne prendre qu’un exemple, à Lyon le 14 décembre 1793, et peut-être encore à Ankara, ce 15 juillet 2016. Dans De l’esprit des Lois, Montesquieu, dès 1748, désigne par le terme terreur, le principe d’un gouvernement despotique [7]. Bien avant lui, en 1690, John Locke indiquait dans le premier essai de ses deux Traités sur le gouvernement que l’épée des magistrats doit servir à terrifier les malfaiteurs pour que cette terreur oblige les hommes à respecter les lois positives de la société [8]. L’usage des mots terrorisme et terroristes se répand à partir de 1794, d’abord au sens de régime de terreur politique et des partisans de ce régime, puis dans une acception plus large, d’emploi systématique de la violence dans un but politique. Notons que antiterrorisme et antiterroriste ne datent que de l’année suivante : 1795 [9].

Bien entendu, l’armement moderne, par ses moyens mécaniques, donne une ampleur sans précédent à la violence de masse. On sait que le bombardement de Guernica, capitale historique du Pays basque, le 23 avril 1937, est une sorte de répétition de ce qui va suivre durant la Seconde Guerre mondiale. Le bombardement de Rotterdam du 14 mai 1940 par la Luftwaffe constitue assurément aussi un acte de terrorisme. Il est difficile de faire échapper à cette triste liste les mêmes bombardements massifs allemands, anglais ou américains sur des cibles civiles, en particulier des villes, durant ce conflit. Les tracts d’ultimatum, lancés sur ces zones, attestent bien, comme l’indique Ariel Merari, la volonté de terroriser directement les populations civiles [10].

L’analyse de la Seconde Guerre mondiale est intéressante également pour montrer le caractère ambivalent du concept de terrorisme et de résistance. Un exemple flagrant est celui du Réseau Manouchian, assez bien connu pour avoir fait l’objet d’une affiche de propagande diffusée en 1944 par le Régime de Vichy. Composé de résistants d’origines étrangères, juifs et communistes, le Groupe de Missak Manouchian s’était fait connaître par ses attentats contre des pilotes et des permissionnaires allemands. Se disant eux-mêmes francs-tireurs et partisans (FTP), ils furent condamnés à morts et exécutés par les Allemands en 1944 en tant que terroristes, et honorés à la Libération en tant que résistants. Le même regard a été posé sur les membres de l’Irgoun, lors de l’attaque du quartier général britannique au King David Hôtel à Jérusalem le 22 juillet 1946, qui fit 91 morts et de nombreux blessés parmi les membres des services britanniques. Un autre exemple de la difficulté de clarifier le concept de terrorisme est celui de la Bataille dite d’Alger, menée par les régiments parachutistes français, dans un contexte de décolonisation, de janvier à octobre 1957. Il est clair que les mesures radicales de contre-terrorisme prises alors par les militaires français ont eu un certain succès, car elles ont réellement terrorisé les populations indigènes nationalistes mais aussi les colons qui leur étaient favorables.

L’ensemble des actions très disparates qui ont été évoquées permet de montrer la diversité des formes que le terrorisme peut prendre. Mais aussi l’existence d’une trajectoire qui nous inscrit dans le temps long et qui casse l’idée que ce qui survient à la présente génération serait unique, innovant, jamais vu. Pour rester dans l’époque contemporaine, on peut ajouter à cette trajectoire la multitude des attentats et des actions anarchistes, nihilistes, socialistes révolutionnaires, fascistes ou autres qui ponctuent les XIXème et XXème siècles : que l’on songe à l’assassinat du Tsar Alexandre II (1881), de celui du Président Sadi Carnot (1894) ou de l’Archiduc François-Ferdinand de Habsbourg (1914), aux attentats de Septembre noir aux Jeux olympiques de Munich (1972), aux actions de la Fraction armée rouge (Hans-Martin Schleyer, 1977), des Brigades rouges, d’Action directe, des CCC, à l’attentat de la gare de Bologne (2 août 1980), aux attentats de Beyrouth contre les forces américaines et françaises (23 octobre 1983), aux tueurs du Brabant (28 morts de 1983 à 1985), aux attentats du GIA comme celui du RER B à la station Saint-Michel à Paris, le 28 juillet 1995, ainsi qu’à ce tournant mondial que constitua le 11 septembre 2001 et qui eut de nombreuses conséquences pour l’Europe.

Cet inventaire bien incomplet nous montre la diversité des formes que peut revêtir le terrorisme [11]. Il aurait pu nous donner des critères précis en vue d’une définition générale. Ce n’est pourtant pas le cas. Comme le montre Ariel Merari, si le terrorisme peut apparaître comme une forme immorale de guerre, le fait que le code moral de comportement se soit fortement affaissé dans pratiquement toutes les guerres pour toutes les parties au XXème siècle, notamment en prenant les civils pour cibles, montre que la différence entre le terrorisme et les autres formes de guerres est une question de compréhension [12].

S’il faut un argument supplémentaire pour démontrer cette relativité, il suffit de jeter un regard sur la définition du terrorisme dans le dictionnaire français de Lachâtre, en 1890, dictionnaire populaire, proche du mouvement ouvrier. Après avoir rappelé qu’il s’agit du régime de la terreur qui a régné en France pendant une partie de la Révolution, Maurice Lachâtre ajoute que le terrorisme est l’époque révolutionnaire la plus émouvante. Il définit ensuite le terroriste comme un partisan, un agent du système de la terreur, ajoutant que les terroristes ont sauvé la France [13].

Que dire ? Sinon que cette formulation relative au terrorisme doit nous rendre modeste.

1.2. Vers une définition du terrorisme

S’agissant du terrorisme, il est classique de commencer par considérer la difficulté de le définir dans la littérature scientifique. Nous devons éviter de le confondre avec toute forme de violence politique et d’ignorer les différentes formes de terrorisme d’État [14].

D’emblée, pourtant, Raymond Aron avait eu un apport déterminant, dès 1962, en considérant qu’une action terroriste est dénommée terroriste lorsque ses effets psychologiques sont hors de proportion avec ses résultats purement physiques [15]. Les différentes définitions données par les organisations internationales peuvent nous aider à appréhender le phénomène. Ainsi, la Résolution A/54/16 de l’ONU du 2 février 2000 précise-t-elle qu’il s’agit d’actes criminels avec des objectifs politiques [16].

 La définition du terrorisme par l’Otan, provenant de son glossaire en anglais et en français partage cette idée de dimension politique : l’emploi illégal ou menace d’emploi illégal de la force ou de la violence contre les personnes ou des biens, afin de contraindre ou d’intimider les gouvernements ou les sociétés dans le but d’atteindre des objectifs politiques, religieux ou idéologiques [17].

Le Conseil de l’Union européenne y voyait en 2002 une intention d’intimider gravement la population ou de contraindre indûment des pouvoirs publics ou une organisation internationale à accomplir ou à s’abstenir d’accomplir un acte quelconque ou gravement déstabiliser ou détruire les structures fondamentales politiques, constitutionnelles, économiques ou sociales d’un pays ou une organisation internationale [18], idée que l’on va retrouver dans de nombreuses législations nationales telles que la loi belge du 19 décembre 2003. L’historienne française Jenny Raflik souligne l’intérêt de l’approche du phénomène par la convention arabe pour la lutte contre le terrorisme adoptée au Caire le 22 avril 1998, qui est à la fois innovante à plusieurs égards mais intègre des limites comme la possibilité d’exclure du cadre terroriste des luttes que l’on pourrait déclarer légitimes [19]. L’important travail exploratoire que l’historienne et auditrice à l’Institut français des Hautes Études de Défense nationale a mené lui a d’ailleurs permis de proposer une définition que nous faisons nôtre : le terrorisme est un projet politique qui s’inscrit dans la durée et vise à contester un ordre établi, de tenter d’y mettre un terme et/ou d’y substituer un nouvel ordre. Il use, pour cela, tactiquement, d’une violence transgressive, bien que présentée et considérée comme légitime par le terroriste, et inscrite dans l’immédiat [20]. Cette définition nous paraît en effet très pertinente. D’abord parce qu’elle objective et prend au sérieux le terrorisme comme un projet politique et non comme une déviance, ce qui en amoindrirait l’importance et les finalités. Ensuite, parce que Jenny Raflik met en évidence le moyen que constitue une violence transgressive, assortie d’un caractère subjectif entre celui qui commet l’acte et celui qui le subit. Enfin, parce que cette définition intègre les temporalités qui portent la tension entre un événement immédiat et ses effets à longue portée.

1.3. Quelques considérations liminaires

Quelles considérations liminaires peuvent clôturer cette introduction ?

1.3.1. Le terrorisme ne constitue pas un phénomène nouveau. Il est inscrit dans le temps long, de l’antiquité à nos jours. Il doit être analysé dans la temporalité, c’est-à-dire dans les relations que passé, présent et futur entretiennent.

1.3.2. Le terrorisme est un phénomène complexe qui prend des formes très diverses et peut être porté par des acteurs très différents, individuels ou collectifs, privés ou publics, qui sont animés par un projet politique, donc une volonté stratégique d’action en vue de conserver ou de transformer une situation existante. En définissant le terrorisme, il s’agit d’éviter de le confondre avec toutes les formes de violence politique et d’ignorer les différentes formes de terrorisme d’État.

1.3.3. L’usage de la terreur et du terrorisme contre les citoyens est inhérent à la philosophie politique de nos sociétés libérales telles qu’elles ont été conçues par John Locke et Montesquieu, notamment.

1.3.4. La légitimité de ce projet politique est subjective, ses moyens sont transgressifs et ont vocation à se démultiplier notamment par effet psychologique et résonance médiatique.

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Philippe Destatte

@PhD2050

[1] La prospective est une démarche indépendante, dialectique et rigoureuse, menée de manière transdisciplinaire en s’appuyant sur la longue durée. Elle peut éclairer les questions du présent et de l’avenir, d’une part en les considérant dans leur cadre holistique, systémique et complexe et, d’autre part, en les inscrivant, au delà de l’historicité, dans la temporalité. Résolument tournée vers le projet et vers l’action, la prospective a pour vocation de provoquer une ou plusieurs transformation(s) au sein du système qu’elle appréhende en mobilisant l’intelligence collective.

[2] Philippe DESTATTE, Contribution à l’histoire de l’émigration russe à la fin du XIXe siècle, 1881-1899, Mémoire présenté pour l’obtention du grade de Licencié en Histoire, Liège, Université de Liège, Année académique 1978-1979, 240 p. – Ph. DESTATTE, Sûreté publique et Okhrana, Les Foyers d’émigrés russes en Belgique, 1881-1899, in Conferentie Benerus : België, Nederland, Rusland : betrekkingen en beeldvorming, Rotterdam 7-8 mei 1987 : Belgisch-Nederlandse conferentie over de politieke, economische en culturele betrekkingen tussen België c.q. Nederland en Rusland/de USSR met nadruk op de periode na 1917, Erasmus Universiteit Rotterdam, Katholieke Universiteit (Leuven), Rijksuniversiteit Leiden, 1987.

[3] Après des ventes décevantes, Ubisoft ne sortira pas de jeu « Assassin’s Creed » en 2016, dans Le Monde, 12 février 2016.

[4] Vladimir BARTOL, Alamut, coll. Libretto, Paris, Libella, 2012. – Merci à Pierre Destatte, professeur à la Haute Ecole Condorcet, d’avoir attiré mon attention sur le lien entre ce roman et la mythologie terroriste, et à mon fils Julien Destatte d’avoir mis en évidence les liens avec Assassin’s Creed.

[5] Jules CESAR, La Guerre des Gaules, Traduction de Maurice RAT, Livre huitième, III, p. 198, Bibliothèque des Classiques de l’UQAC, http://classiques.uqac.ca/classiques/cesar_jules/guerre_des_gaules/guerre_des_gaules.pdf – de BURY, Histoire de la vie de Jules César, suivie d’une dissertation sur la liberté où l’on montre les avantages du Gouvernement monarchique sur le républicain, Paris, Didot, 1758. Par exemple, p. 86 : « il leur représenta de quelle importance il était pour eux de se rendre maîtres d’une ville riche et opulente, qui leur procurerait l’abondance de toutes choses, et jetterait la terreur chez toutes les autres qui avaient quitté son parti, s’ils l’emportaient avant qu’elle fût secourue. »

[6] Deutsche Geschichte in Dokumenten und Bildern, Band 1, Von der Reformation bis zum Dreißigjährigen Krieg 1500-1648, Die Apokalypse vor Ort – Die Zerstörung Magdeburgs (1631)A Local Apocalypse, The Sack of Magdeburg (1631), German Historical Institute, Washington DC, 2008.

http://germanhistorydocs.ghi-dc.org/sub_document.cfm?document_id=4396

[7] « La sévérité des peines convient mieux au gouvernement despotique, dont le prin­cipe est la terreur, qu’à la monarchie et à la république, qui ont pour ressort l’honneur et la vertu. » MONTESQUIEU, De l’esprit des lois ou du rapport que les lois doivent avoir avec la Constitution de chaque gouvernement, les mœurs, le climat, la religion, le commerce, etc. (…), t.1, LVI, Chapitre IX, p. 130, Genève, Barrilot & Fils, 1748.

[8] (…) government being for the preservation of every man’s right and property, by preserving him from the violence or injury of others, is for the good of the governed: for the magistrate’s sword being for a “terror to evil doers”, and by that terror to enforce men to observe the positive laws of the society, made conformable to the laws of nature, for the public good, i.e., the good of every particular member of that society, as far as by common rules it can be provided for (…) John LOCKE, Two Treatises of Governement, Ch. IX, Of Monarchy by Inheritance from Adam, 92, London, Thomas Tegg & alii, 1823. McMaster University Archive of the History of Economic Thought.

Cliquer pour accéder à government.pdf

[9] Alain REY, Dictionnaire historique de la langue française, t.3, p. 3803, Paris, Robert, 2006.

[10] Ariel MERARI, Du terrorisme comme stratégie d’insurrection, dans Gérard CHALIAND et Arnaud BLIN dir., Histoire du terrorisme, De l’Antiquité à Daech, p. 31, Paris, Fayard, 2015.

[11] Voir Ugur GURBUZ ed, Future Trends and New Approaches in Defeating the Terrorism Threat, Amsterdam-Berlin-Tokyo-Washington DC, IOS Press, 2013, en particulier Ozden CELIK, Terrorism Overview, p. 1-17 et Zeynep SUTALAND & Ugur GÜNGÖR, Future Trends in Terrorism, p. 75-87.

[12] Ariel MERARI, op.cit., p. 42.

[13] Maurice LACHÂTRE, Dictionnaire français illustré, vol. 2, p. 1413, Paris, Librairie du Progrès, 1890.

[14] Anne-Marie LE GLOANNEC, Bastien IRONDELLE, David CADIER, New and evolving trends in international security, in Transworld, FP7 Working Paper, 13, April 2013, p. 14.

[15] Raymond ARON, Paix et guerre entre les Nations, p. 176, Paris, Calmann-Levy, 1962.

[16] « criminal acts intended or calculated to provoke a state of terror in the general public, a group of persons or particular persons for political purposes ». United Nations, Resolution adopted by the General Assembly, Measures to eliminate International Terrorism, A/RES/54/110 https://www.treasury.gov/resource-center/sanctions/Terrorism-Proliferation-Narcotics/Documents/A-RES-54-110.pdf

[17] NATO Glossary of Terms and Definitions (English and French), p. 3T3, NATO (NSO), 2015.

[18] Council Framework Decision of 13 June 2002 on combating terrorism (2002/475/JHA), Official Journal L 164, 22/06/2002 P. 0003 – 0007. http://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=CELEX:32002F0475&from=EN

[19] Jenny RAFLIK, Terrorisme et mondialisation, approches historiques, p. 24, Paris, Gallimard, 2016. – Il peut aussi être intéressant d’ouvrir une discussion pour comparer cette définition avec celle de Abu Mus’ab al-Suri ainsi qu’avec sa typologie du terrorisme. Voir Key excerpts of The Global Islamic Resistance Call, in Brynjar LIA, Architect of Global Jihad, The Life of al-Qaida Strategist Abu Mus’ab al-Suri, p. 382-383, London, Hurst & Company, 2014.

[20] Ibidem, p. 41.